Une multitude d'initiatives existent autour des communs et de la pensée libre au sens large. Cependant, la mutualisation des connaissances et des envies reste difficile. La micro révolution industrielle annoncée par l'introduction des fablabs dans le monde rural tarde à venir. Le bricolage, la réparation d'objets facilités par les outils numériques et l'intérêt que ces derniers suscitent, sont une bonne chose, mais ce n'est pas assez.

Il existe pourtant un potentiel incroyable chez ces personnes (qu'elles soient actives ou non ; expertes ou non), dans ces machines, dans cette création collaborative qui tend à se développer et à se populariser, mais qui a des difficultés à s'organiser.

Le projet SPIN a ainsi pour ambition de rassembler ces personnes et leurs idées, ces projets et leurs moyens de productions (qu'il s'agisse de fablab, tiers-lieux, atelier privée/public, ou autre) au sein d'une plateforme commune et décentralisée. Il se veut le résultat d'une consultation publique afin d'en affiner chacun des aspects. Le chantier est vaste et touche des domaines tout aussi étendus, mais avec l'aide de chacun - avec votre aide - nous arriveront à définir les éléments essentiels à sa constitution. Les pistes à mettre en oeuvre, tant pratique que théorique, sont en cours de discussion :

Permettre une gestation de projets facilitée et sans contrainte géographique, ni économique.
→ Une idée laissée par une personne en Amérique du Nord pourrait être adoptée conjointement en Asie, en Afrique et en Europe (travail en parallèle (fork) ou en simultané)

Construire une plateforme pair à pair (peer-to-peer) constituée de briques constamment à jour.
→ Elle pourrait être définie par une méthode de conteneur / contenu. Ainsi, un site internet ne serait plus qu'un fichier texte (flatfile) dont les informations essentielles seraient limitées aux médias, textes et métadonnées : il s'agit là du contenu. Une structure logicielle (framework) incluant le langage de balisage permettrait de récupérer ces informations et les mettrait en page directement sur le terminal (mobile, ordinateur) de l'utilisateur : il s'agit là du conteneur.

Définir une doctrine économique & sociale.
→ Une monnaie cryptographique pourrait être introduite, et une caisse commune pourrait permettre de financer de gros projets ou des outils communs (logiciels libres).

Déterminer la sécurité du système d'échange (tant économique que social).
→ Il pourrait se baser sur la technologie de chaîne de blocs (blockchain) : une base de données distribuées, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.

Garantir les communs par l'utilisation de licence à réciprocité lors d'échanges avec le monde entrepreneurial.
→ À la suite de la réflexion de Michel Bauwens sur « l'entredonneuriat » (entrepreneuriat orienté communs), un modèle partenarial, ou mieux, collaboratif, entre professionnels et plateforme pair à pair, pourrait voir le jour. La licence pourrait ainsi contraindre les entreprises / « entredonnées », lors de l'utilisation d'un élément développé par la communauté, de s'acquitter d'une taxe. Celle-ci pourrait financer les communs : évolution de la plateforme, caisse commune, redistribution des gains aux membres de la communauté…

Pour atteindre ces différents objectifs, la plateforme se veut résolument tournée vers l'avenir : elle est le produit des communs. Ainsi, que vous soyez expert ou non, le projet SPIN ne peut voir le jour sans votre concours. Venez à notre rencontre pour en discuter, réfléchir à sa mise en oeuvre et à sa mise en place.